Le Soupir de l’Afrique !!!

le mai 5th, 2010 par Père Piariste

Le Soupir de l’Afrique !!!

                    Nous sommes fort persuadés que la dialectique historique  qui lie intimement, l’idée de développement  à  une conception exclusivement « mercantiliste »   et « économiste » selon  Karl Marx ne peut facilement être mise dans les coffres de l’histoire, ni dans les chambres noires de l’oubli. Les sociétés occidentales sont parvenues, aujourd’hui à un stade d’évolution où la puissance et le poids d’une nation se mesure à l’aune  de ses production et réalisations  économiques, matérielles. Bien plus des colloques s’organisent ci et là sur l’arène internationale pour traiter de la fameuse question du développement. Les économistes, les agents de la société civile sans oublier tous les autres théoriciens du développement étudient de nouvelles stratégies sur la question. Ils cafouillent pour l’instant sur ce qu’ils appellent développement durable ,évoqué  pourtant pour  la première fois en 1987  dans le rapport Brundtland en vue  de l’amélioration de la qualité de vie et la satisfaction des  besoins et sera  plus tard, décrit comme possibilité de répondre aux besoins des générations  présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins .Les ONG quant à eux  ,dont nous louons profondément les actions ,ne ménagent  aucun effort pour s’investir dans le développement .La  lutte pour la pauvreté en Afrique  fait partir de  leurs objectifs. Permettez  nous de nous  expliquer nous voulions souligner que la lutte engagée contre la pauvreté et le sous –développement constitue leur dernier souci ; disons plutôt pour être reconnaissant et  clairvoyant que  cela est une préoccupation non négligeables pour ces organismes.

En effet, cette approche  nous  montre la pertinence et l’importance dont revêt la question du développement  pour toute société. Tout semble nous démontrer que l’Afrique  a donc  plus que jamais besoin d’assoir un édifice  de développement pour s’affirmer  dans la scène  internationale surtout  que les défis de la mondialisation lui sont incontournables et capitaux .Dés lors se pose dans ce contexte , avec force et acuité voire véhémence, la problématique du développement Afrique subsaharienne si nous nous  limitons  bien à cet espace au risque de ne pas  nous perdre dans le temps. Quel type de développement peut-il  désintoxiquer l’Afrique de sa misère ? Quelle  potion de développement administrer à cette Afrique  assise, mise au banc du championnat mondial, soumise et insoucieuse de se mettre debout pour jouer sa propre partition et de se prendre en charge pour enfin assumer ses destinées ?

Le constat est autant plus alarmant et équerrant quand on peut réaliser que cette Afrique  n’a pas appréhender  ou qu’elle est très loin de comprendre le véritable, le noble et digne, le raisonnable et nécessaire  sens du développement. On se demande bien où sont passées ses cinquante années d’indépendance sinon  qu’à permettre à son élite dirigeante de s’enrichir illicitement et sans scrupule au détriment des masses qui ploient dans la misère et l’indigence .C’est avec  embarras qu’on réalise qu’à la question de savoir qu’est ce que le développement dans toute la dynamique du terme ? Les « gros bébés » d’Afrique répondent : c’est l’abondance des biens matériels. Aveuglés   mieux agités par les campagnes du clinquant, ils poursuivent c’est l’étalage des richesses aussi scandaleux que déconcertant.

On réalise malheureusement  que dans cette Afrique là, on érige malencontreusement l’économie à la cime du vécu  dans le développement des peuples. L’accroissement des biens matériels lui apparait erronément comme la pierre angulaire mieux la colonne fondamentale à tout processus de développement. Or nous pensons que  la pure accumulation des biens et des services à elle seule reste fort insuffisant pour construire le développement de l’homme dans son intégrité et sa plénitude .Le développent ne peut se limiter à la simple question de l’avoir. Nous voulons bien suivre le regard  de jean Gray lorsqu’il s’inscrit en faux à cette conception du développement dans l’un de ses livres intitulé : Le développement au raz du sol chez les paysans du tiers –monde, publié  aux Editions Entente en 1978. IL note avec pertinence : « la croissance économique n’est pas le développement (…) n’est pas le développement. Ne les confondons pas ! Produire plus, toujours plus mais plus de quoi et pour qui ?» Il est comprendre que l’inquiétude de Gray  voire son interrogation est très loin de  renier absolument  la dynamique de l’économie dans le développement mais il met plutôt en relief  la nécessité qu’il y a à canaliser et à concentrer  cette croissance économique sur  l’être .La croissance économique ne doit pas être une fin en soi. Nous pensons qu’elle est un moyen pour la réalisation profonde de l’humain .Bien plus, à  Paris, dans les années 1983, il  est publié par l’UNESCO un rapport intitulé : « La culture clé du développement » qui   s’aligne dans la même perspective pour relever : «  la place de l’économie dans le développement est importante mais non centrale  ou primordiale .L’essor économique est nécessaire, indispensable  mais pas suffisant. Le bien –être matériel ne résume pas tout (…) pour l’homme il n’est pas question d’avoir plus mais d’être plus. »

Nous pensons que les temps sont révolus et que le problème se pose avec urgence .Les africains sont tenus de réexaminer le concept de développement dans un contexte qui leur est propre. Ils doivent s’interroger sérieusement  sur quel type de développement  adéquat à la réalité Africaine. Un développement  qui ne doit plus  seulement coïncider avec celui qui se limite à la  satisfaction des nécessités matériels  par l’augmentation des biens sans égards pour les souffrances du plus grand nombre en se laissant conduire par l’égoïsme des personnes et des nations si nous nous permettons de paraphraser  en passant le pape Jean Paul 2. En outre  peut- on comprendre que  la recherche exclusive  de l’avoir fait obstacle à la croissance de l’être et contrarie sa juste valeur .L’avarice devient ainsi la forme la plus évidente d’une pauvreté morale  qu’endure mélancoliquement  l’Afrique.

L’Afrique a besoin d’un développement capable de  stopper la civilisation de la consommation, de la culture sans vergogne de l’avoir et de faire face aux confiscations qui la menacent et compromettent son avenir et devenir. Nous voulons dire, un développement qui est une bataille pour la conquête  et la requête du savoir scientifique –technique. Une bataille contre sa propre pusillanimité  qui non seulement  la paralyse et la maintient  dans une sclérose vicieuse et licencieuse, mais  aussi émousse son dynamisme et son sens de la créativité. Le philosophe sénégalais Elimane kane n’appelle-t- il pas avec ardeur  ces  Africains oublieux de leurs lendemains  à la même créativité dans son roman : La femme parfum, publié par la presse universitaire de Dakar en 2010. Nous insistons que l’Afrique a besoin d’un développement à mesure de créer une ambiance de fierté et d’espoir. Car cette Afrique là est tourmentée. C’est une Afrique menacée par des pandémies millénaires, la pauvreté, le chômage, la famine et un poids intolérable de misère .Une Afrique rayonnée et rayonnant par un désespoir ankylosant, accablant et compressant.

Loin de faire preuve d’un pessimisme effréné, nous pensons qu’il y a lieu de rester ferme et confiant. Il ne s’agit pas pour autant de lever les mains vers le ciel. Il faut que les africains saisissent et assimilent le sens  authentique  du développement. L’équation  de résolution de la question n’est rien d’autre que l’appropriation d’un nouvel élan de développement : celui de l’être de l’homme, de la personne  humaine. Disons plutôt que l’Afrique a besoin d’un développement de la libération de l’homme dans sa totalité, de l’homme pris dans ses 360°, une libération à la soumission aveugle de la consommation et au matérialisme grossier et exacerbé  ainsi qu’à toute forme de d’esclavage qui ne peut être abolit par les avantages réels de la science, de la technique et l’informatique si l’être de l’homme  n’est point la cible principale du développement. C’est dans ce cadre que nous voulons bien citer l’économiste Amartya Sen  qui déclare que « development is freedom » quand il inscrit  l’économie dans le développement humain pour une production de l’homme par l’homme. C’est alors que jaillira  une Afrique  où l’on puisse vivre une vie pleinement humaine, affranchie de toutes servitudes rétrogrades.

 Pour finir il nous importe de noter que le développement ne peut se faire sans éducation .Nous pensons pour ce fait  que le développement est éducation. Une éducation intégrale de la personne humaine .Alors c’est proprement  galoper  à la misère avec une vitesse inaltérable que de bafouer l’éducation d’un peuple .Car on ne peut envisager voire s’attendre à une Afrique développée si  l’éducation de sa jeunesse n’est assurée et garantie  par les politiques locales.

Fr. Antoine Thierry EDANG

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